dimanche 14 mars 2010

São João de Vêr ma terre natale





C'est dans cette paroisse que je suis né le vendredi 9 mai 1958.
J'ai vécu dans ces terres les 11 premières années de ma vie. C'est là que mes racines ont pris et plus particulièrement à Barrocas, un quartier ainsi nommée qui a été témoin de mes jeux d'enfance et qui est ma terre de coeur.
Les conditions économiques de l'époque ont favorisé l'immigration et nombreuses familles sont parties, mes parents font partie de ceux-là et en 1969 nous nous sommes installés en France un pays que je ne connaissais pas où j'avais pas d'amis et que je ne comprenais pas la langue.

Le retour au pays natal était toujours un plaisir, ces moments d’émotion ont contribué au fil des années à créer des liens chaque fois plus forts avec ceux qui sont restés à Barrocas.

Aujourd’hui je me souviens avec une certaine nostalgie de ce temps ou il y avait une certaine cohésion entre les familles.
Quel bonheur revoir mes grands parents, revoir la famille, revoir les amis.
De longs repas étaient organisés avec l'ensemble de la famille, tout était fait pour créer des festivités collectives et le départ pour la France se faisait dans la douleur avec des larmes au bout.

Durant mon enfance j’étais très proche de ma grand-mère maternelle, un sentiment de protection m’enveloppait en sa présence, c’était pour moi un vrai plaisir d’aller chez elle.
Je revois encore le moment ou je suis allé lui montrer le tablier que je portais pour mon premier jour d’école.
Parfois je l’accompagnais dans ses champs de pommes de terre, de maïs ou son potager, mais ce que je garde au fond de moi et que je n’ai jamais oublié, c’est son amour envers moi.

Pour ce qui est de mon grand-père, les rapports étaient différents, c’était un forgeron.
Les machines, le feu, le bruit du marteau sur l’enclume, sa façon de travailler le fer et de ferrer les roues en bois pour les chars à bœufs, tout cela m’intriguait.
Parfois je l’entendais raconter des histoires aux habitués de la forge, mais trop jeune je ne comprenais pas toujours le sens. C’est bien des années plus tard que j’ai compris qu’il avait une richesse intellectuelle et un savoir ancestral que les héritiers n’ont pas su s’approprier.
Cet homme avait participé à la guerre de 1914-1918 et un blason avec les armoiries du Portugal gravé dans la pierre était sellé dans le mur de la forge.
Il avait une réputation d’honnêteté et de travailleur acharné, on raconte qu’on entendait la frappe de son marteau avant le lever du jour et bien après que le soleil se soit couché, être son petit fils me procure un sentiment d’orgueil et de fierté.
Mes grands parents ont partagé avec moi des moments de joie, ce sont ses souvenirs, ses expériences qui ont joué un rôle important dans ce que je suis devenu aujourd'hui. Ils sont une partie intégrante de la vie que je porte, c’est un important héritage qu’ils m’ont laissé.

Ma grand-mère est décédée le 12 mai 1978 et mon grand-père le 18 octobre 1981. J’ai réussi à récupérer ses vieux livres de comptes, j’ai appris qu’il avait eu comme client le comte de Fijô.

Aujourd’hui il y a des constructions un peu partout sur leurs terres. Leur maison et la forge ont été rasées, à la place se trouve un petit immeuble.

Cependant je continue à me rendre à Barrocas, à m’aventurer dans la forêt, à écouter les sons environnants et à sentir les odeurs locales. J’aime ses moments de solitude imprégnés de nostalgie parce que aujourd’hui les choses ont bien changé. Avant il y avait une certaine cohésion entre les familles, mais cette unité familiale cohérante que j'ai connue dans le passé avec les anciens, aujourd'hui elle est abstraite sacrifié à l’égoïsme pur et à l’hédonisme.

1 commentaire:

Romain a dit…

c' est une belle photo !